Rentrée 2026-2027 : l’école ivoirienne mise sur la confiance, 260 000 enfants issus des structures islamiques intégrés au système formel

La rentrée scolaire ivoirienne s’ouvre ce lundi 14 septembre sur un double signal : celui d’une école qui veut restaurer la confiance de ses acteurs, et celui d’une intégration inédite …
La rentrée scolaire ivoirienne s’ouvre ce lundi 14 septembre sur un double signal : celui d’une école qui veut restaurer la confiance de ses acteurs, et celui d’une intégration inédite des enfants issus des structures islamiques d’éducation dans le système formel.
Une rentrée placée sous le signe de la confiance
La cérémonie officielle de lancement de l’année scolaire 2026-2027 s’est tenue le vendredi 4 septembre au Lycée Sainte-Marie de Cocody. Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, Dr Koffi N’Guessan, y a dressé le bilan de l’année écoulée avant de présenter les priorités à venir. La rentrée 2026-2027 est placée sous le thème « Ensemble, restaurons la confiance pour transformer durablement l’École », un intitulé qui traduit, selon le ministre, une conviction : la transformation de l’école ne peut reposer sur les seuls investissements de l’État, elle doit aussi s’appuyer sur la qualité des enseignements et la confiance entre enseignants, élèves, parents et institutions.
Sur le plan des ressources humaines, 4 900 enseignants ont été recrutés et déployés dans le secondaire pour combler le déficit, dont près de 2 000 professeurs de mathématiques et de physique-chimie. Le recrutement de 866 enseignants pour l’enseignement technique et professionnel est par ailleurs en cours. Côté infrastructures, le ministère revendique la construction de 7 678 salles de classe au préscolaire et de 43 607 au primaire depuis 2011, ainsi qu’un taux net de scolarisation au primaire qui avoisine désormais 97 %.
Le volet islamique : 260 000 enfants désormais dans le système formel
C’est l’un des chiffres marquants de ce bilan : 260 000 enfants issus des structures islamiques d’éducation « écoles coraniques, médersas, écoles franco-arabes et établissements confessionnels islamiques » ont intégré le système éducatif formel, a annoncé le ministre lors de la cérémonie de rentrée.
Cette intégration s’inscrit dans un processus engagé de longue date par l’État ivoirien. Dès 1993, une convention avait ouvert la voie à une réforme des structures islamiques d’éducation, avec l’appui d’organisations comme l’Organisation des établissements d’enseignement confessionnel islamique de Côte d’Ivoire (OEECI). Une première reconnaissance officielle de vingt-deux médersas par le ministère de l’Éducation nationale est intervenue en 2011, avant que ce nombre ne dépasse la centaine d’établissements dès 2013. Le mouvement s’est poursuivi depuis : selon l’OEECI, plus de 700 écoles avaient déjà été intégrées au système à l’été 2025, sur un total estimé à environ 1 700 structures islamiques d’éducation recensées dans le pays.
Ces établissements, qui associent traditionnellement enseignement religieux en arabe et matières générales en français, ont dû répondre à des critères précis pour obtenir leur reconnaissance : curricula alignés sur les programmes nationaux, qualification des enseignants et conditions d’accueil des élèves. Le processus reste toutefois inégal selon les régions et les moyens des établissements, certains devant mobiliser des ressources importantes pour dédoubler leurs enseignements , un professeur pour les cours en français, un autre pour les cours en arabe.
Une école qui se veut plus inclusive
Le ministre a présenté cette avancée comme un pilier de sa politique d’inclusion scolaire, aux côtés des efforts en faveur des élèves en situation de handicap : sur 64 candidats en situation de handicap sensoriel présentés au Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), le taux de réussite s’est établi à 93 %, tous ayant ensuite été affectés dans des établissements publics proches de leur domicile.
Les défis qui restent à relever
Le ministre n’a pas éludé les difficultés persistantes : une croissance démographique de 2,9 % qui continue de peser sur les capacités d’accueil, ainsi qu’un enseignement technique et professionnel encore peu attractif, que le gouvernement ambitionne de porter à 15 % des effectifs du secondaire d’ici 2035. Sept priorités ont été fixées pour l’année : des curricula plus lisibles, des enseignants mieux formés et valorisés, des écoles sécurisées et salubres, des examens plus crédibles, un enseignement technique renforcé, une culture scientifique et numérique développée, et une discipline de travail réaffirmée.
La rentrée effective des classes est fixée à 7 heures ce lundi 14 septembre, sur l’ensemble du territoire national.
Mani


