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Éducation

Islamic education in Côte d’Ivoire: PSIE installs its leaders and charts the path to integration

9 September 2026By Islam InfoThis article is not yet translated into English.

Abidjan, la salle de conférence de la Mosquée Salam du Plateau a servi de cadre, ce mercredi 9 septembre 2026, à la rentrée solennelle de la Plateforme des Structures Islamiques …

Abidjan, la salle de conférence de la Mosquée Salam du Plateau a servi de cadre, ce mercredi 9 septembre 2026, à la rentrée solennelle de la Plateforme des Structures Islamiques d’Éducation (PSIE). Placée sous l’autorité morale de Cheikhoul Aïma Ousmane Diakité, président du COSIM, et de Cheikh Ahli Sounnah Dr Fadiga Moussa, président du CODISS, et parrainée par le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, la cérémonie a marqué l’investiture des tout premiers responsables de la plateforme et la présentation de son plan d’action triennal.

Dans un discours particulièrement offensif, le cheikh Ousmane Diakité a dressé le constat d’une injustice historique : contrairement aux écoles des autres confessions, placées sous la tutelle du ministère de l’Éducation, les établissements islamiques ivoiriens sont longtemps restés rattachés au ministère de l’Intérieur — « comme si, dans les écoles islamiques, nous étions des subversifs », a-t-il lancé. Un déséquilibre auquel le président Alassane Ouattara aurait mis fin en affirmant sa volonté de « donner les mêmes chances à tous les enfants de la Côte d’Ivoire, sans discrimination, sans exception ».

Le président du COSIM a rappelé l’enjeu : environ deux millions de jeunes musulmans scolarisés dans ces établissements, des citoyens à part entière dont l’accès à une éducation reconnue par l’État constituait, selon lui, une exigence à la fois pédagogique et sécuritaire. Il a par ailleurs tenu à rappeler aux responsables de médersas que si les bâtiments leur appartiennent, les enfants qui les fréquentent demeurent des enfants de la Nation, à qui l’État impose désormais un cadre commun d’enseignement confessionnel reconnu.

Le cheikh ahloul sounah Dr FADIGA MOUSSA

Sur les quelque 3 000 structures islamiques recensées à travers le pays, moins de 1 000 sont à ce jour officiellement intégrées au système éducatif national, a précisé le cheikh Diakité, qui a salué la signature récente, par le ministre, du déblocage de 641 dossiers de structures islamiques jusque-là en attente. Il a appelé à ce que l’intégralité des structures soit intégrée d’ici deux ans, insistant sur le fait qu’« il n’y a pas de prix trop élevé » à payer pour la cohésion et la sécurité du pays.

Parmi les priorités identifiées : l’évaluation du programme unifié d’enseignement islamique déjà élaboré pour le primaire, avec le soutien de l’UNICEF, et son extension au niveau collège, afin qu’un élève changeant d’école confessionnelle d’une ville à l’autre — de Korhogo à Bouaké, par exemple — puisse poursuivre sa scolarité sans rupture. Le président du COSIM a également pointé la nécessité de valoriser les diplômés arabophones et islamiques, souvent titulaires de maîtrises ou de doctorats mais dont les compétences restent aujourd’hui sous-exploitées par le pays.

Fraîchement investi directeur exécutif national de la plateforme, l’imam Mamadou Dosso a détaillé ses priorités : recenser l’ensemble des structures agréées par l’État depuis 2011, accompagner celles dont les dossiers d’agrément restent incomplets auprès de la Direction de l’encadrement des établissements privés (DEP), puis réviser et évaluer le programme harmonisé actuellement en vigueur. Il a également annoncé un volet de renforcement des capacités destiné aussi bien au personnel pédagogique qu’administratif des écoles islamiques, à l’approche de la rentrée scolaire nationale fixée au 14 septembre 2026.

De son côté, l’imam Aboubacar Konaté, imam de la grande mosquée de Treichville, président national de l’Organisation des établissements d’enseignement confessionnel islamique (OIC) et désormais président du conseil d’administration de la plateforme, a inscrit son propos dans la continuité d’un engagement entamé dès les années 1990. Il a insisté sur l’unité comme condition de réussite du projet, rappelant que le secteur accuse encore « un retard de 50 ans » à rattraper.

Représentant le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, retenu par un empêchement de dernière minute, un responsable du ministère a salué la mobilisation de la communauté musulmane en faveur du « repositionnement de l’école en Côte d’Ivoire ». Il a présenté la stratégie nationale d’intégration des structures islamiques d’éducation dans le système formel comme un pilier de la politique d’équité du gouvernement, saluant au passage le rôle de coordination joué depuis plus d’une décennie par l’inspecteur général Kouyaté Idrissa.

En clôture de son intervention, le cheikh Ousmane Diakité a lancé un ultime appel à la cohésion au sein de la communauté, mettant en garde quiconque chercherait à entraver le travail des responsables fraîchement investis. « Nous voulons consacrer la petite force que Dieu nous a donnée pour que la communauté avance, pour que la Côte d’Ivoire connaisse la cohésion et la sécurité », a-t-il conclu, avant de saluer l’assistance d’un « Salam Aleikoum » qui a mis un terme à cette rentrée solennelle placée sous le signe de l’espoir et de la responsabilité partagée.

DIANE MOUSSA